Inversion des genres en 3è4 pour le carnaval

(actualisé le ) par Ludivine Schouleur

Le 12 mars 2019, c’était le carnaval au collège Le Racinay. Les 3ème 4 avaient choisi un thème commun pour toute la classe : l’inversion des genres. L’occasion de s’interroger sur les représentations que les un.e.s et les autres se font de leur genre et de celui assigné au sexe opposé...

Lilian avait piqué les vêtements de sa sœur et était très convainquant avec sa perruque blonde.
De leur côté, Alan et Romain détonnaient : formes exagérément pulpeuses (poitrines proéminentes pour les deux), tenues courtes pour dévoiler un maximum de leur corps. Certains membres de l’équipe pédagogique se sont étonnés de cette représentation. Les deux garçons revendiquent avoir voulu incarner une version clichée des filles. Aucun d’entre eux n’a eu à subir de propos déplacés, ils ont surtout suscité les rires de leurs camarades. Si des filles se montraient autant, on peut parier qu’elles subiraient des remarques relevant du slut shaming ou body shaming : tenir des propos pour culpabiliser les filles qui montrent leur corps car c’est jugé impudique ou car leur corps ne correspond pas aux normes actuelles de beauté. Si vous ne connaissez pas ces concepts, voici deux articles du site Madmoizelle qui pourront vous éclairer sur le sujet :

Cliquez ici pour en apprendre plus sur le slut shaming

Cliquez ici pour en apprendre plus sur le body shaming

Alan et Romain ont déploré l’inconfort de leurs tenues et le fait de se sentir davantage contraints (obligation de croiser et serrer les jambes, sensation désagréable liée au port du soutien gorge).

De leur côté, Emmy, Loan, Andréa et Natacha se réjouissaient de pouvoir porter des vêtements confortables, se sentir moins oppressées :

Un sentiment qui correspond à une réalité. En dehors des diktats de beauté auxquels les filles sont davantage soumises (maquillage, épilation, jugement sur la décence ou non des tenues, ce que l’on a le droit de montrer ou que l’on ne doit pas cacher...), les vêtements féminins sont souvent jugés bien plus inconfortables. A un tel point que le photographe Justin Bartels a fait une série de photos des marques laissées par les vêtements féminins sur la peau (cliquez sur les photos pour avoir accès à la série) :

Les filles s’étaient dessinées de la pilosité sur le visage, les garçons s’étaient maquillés et épilés, les filles arboraient des tenues confortables, les garçons des jupes courtes, parfois à paillettes, rappelons que les un.e.s et les autres peuvent aimer / arborer ces différents atours sans que cela ne remette en question leur genre ou leur sexualité (pour accéder aux photos en grand sur le blog de Maman Rodarde, cliquez sur les images) :

Rappelons aussi que si la majorité des personnes sont cisgenres (c’est à dire que leur genre correspond à celui assigné à leur sexe à la naissance), il existe des personnes transgenres, dont le genre ne correspond pas à celui assigné à leur sexe de naissance, cela n’est ni une maladie ni un sujet honteux, cela n’a rien à voir avec le fait d’avoir baigné dans le rose ou le bleu dès sa naissance, or les personnes transgenres sont encore terriblement discriminées dans la société (on appelle cela la transphobie).
Pour comprendre davantage ce sujet, un article agrémenté d’extraits d’une BD par une autrice transgenre, Sophie Labelle (cliquez sur l’image pour accéder à l’article) :

On parle aussi de plus en plus des personnes non binaires qui ne se reconnaissent pas particulièrement dans un genre ou dans un autre.

Adultes ou adolescent.e.s passionné.e.s, pour pousser la réflexion plus loin, 2 podcasts :

- L’épisode 12 d’un podcast à soi d’Arte radio, "les femmes sont-elles des hommes comme les autres ?"

- Tous les très sérieux épisodes du podcast "les couilles sur la table" de Binge Audio, notamment les 2 consacrés à l’éducation des enfants et l’intériorisation des clichés de genre dès le plus jeune âge :
* "L’amour c’est pas pour les garçons"

* "J’élève mon fils"